Apprendre à lire entre les lignes

Pourquoi ce chantier ?

Lors de la dernière enquête internationale (PISA –2000), les résultats ont révélé des difficultés importantes de compréhension en lecture chez les jeunes belges francophones de 15 ans. Si ceux-ci n’éprouvaient pas de réelles difficultés dans la compréhension littérale, c’est-à-dire quand les « réponses » apparaissaient explicitement dans le texte, ils étaient en grande difficulté dès que la réponse exigeait une recherche, d’autres liens à découvrir… bref quand il était nécessaire de « lire entre les lignes ».

Aussi, proposer aux élèves des textes qui peuvent représenter le point de vue d'un groupe de pression, les textes d'opinion, des folders publicitaires, le dialogue d'un roman où les personnages n'expriment pas clairement leurs sentiments ... bref, des textes "résistants" dont tous les éléments n’apparaissent pas de manière explicite… c’est participer à la construction de citoyens responsables.

Ce chantier didactique n’a pas la prétention de revisiter toute la problématique de la lecture à l’école fondamentale (bien des chercheurs s’y attèlent..), mais il propose des pistes (des éléments de réflexion, des pratiques de classe, des références bibliographiques ...) aux enseignants qui souhaitent progresser et faire évoluer les élèves dans leurs compétences de lecteurs performants.

Pour en savoir plus sur l’enquête PISA :

Voir également :

Des questions pour tenter de comprendre les difficultés rencontrées par les élèves dans l’apprentissage de la lecture :
Développe-t-on suffisamment d’activités de compréhension au cycle2 ? Ne va-t-on pas trop vite vers des apprentissages formels dans les «petites» classes ?

La société de l’image (TV, multimédia, jeux vidéos ) n’explique-t-elle pas, du moins partiellement, les piètres performances de lecteur constatées par l’enquête PISA chez nos adolescents ?

Les difficultés de compréhension rencontrées chez les enfants ne s’expliquent-elles pas par le fait qu’ils « survolent » ce qu’ils lisent ? Aujourd’hui, tout doit aller vite… vite ! Or lire, c’est justement prendre du temps pour élaborer du sens et établir des liens : la lecture, c’est « lent » (par contraste avec la TV et le multimédia, qui sont des médias «rapides», … ) !

Comment ramener au monde de l’écrit une majorité de jeunes qui s’en détournent dès qu’ils sont hors du contexte scolaire ? L’école tisse-t-elle assez de liens entre l’enfant, sa vie et les livres ?

A l’école, ne travaille-t-on pas trop souvent sur des messages où tout est explicite, «décodé» ? Ne leur mâche-t-on pas trop la besogne dès le plus jeune âge ?

N’enferme-t-on pas toujours les enfants dans le même type de questionnement ? … dans le même type de textes ?

Y a-t-il de « bons » textes (… de meilleurs textes que d’autres) pour apprendre aux enfants à construire des inférences ?

Peut-on établir un lien entre la méthode d’apprentissage de la lecture suivie en 1re année et les difficultés de compréhension rencontrées par la suite ?

Certains enfants, pourtant perçus comme «bons» lecteurs (déchiffrent sans problème et lisent avec intonation) ne comprennent pourtant pas ce qu’ils lisent ! Comment l’expliquer ?

Les enfants ne comprennent plus ce qu’ils lisent (certains enfants «buttent» sur presque chacun des mots du texte) ! Dans les classes des cycles 3 et 4, ne devrions-nous pas revenir aux leçons de « lecture mentale » (lecture du texte + questionnaire de compréhension + explication du vocabulaire) ?

La lecture de consignes pose vraiment problème : pourquoi ? Quels sont les facteurs en jeu ?

On admet souvent que l’école a pour mission, entre autres, de donner aux enfants le gout de lire … Mais qu’est-ce qu’aimer lire ?

Pour apprendre à inférer, que faire de plus que de poser des questions intéressantes sur un texte ?

Ces questions, nous les avons posées à Dominique Lafontaine, qui a eu la gentillesse de nous partager son point de vue.